Un dimanche en Chartreuse

15 octobre 2017

Il fait un peu frisquet, en ce 15 octobre, lorsque nous nous retrouvons à Ste Hélène pour cette journée consacrée à la Chartreuse et ses habitants.
Un petit croissant dans l’estomac, nous prenons la route en direction de Voiron afin d’y visiter les caves de Chartreuse, la liqueur de réputation mondiale.
Jeannine, l’initiatrice de cette journée est heureuse de pénétrer pour la première fois dans ces bâtiments qui abritent encore pour quelques temps, les milliers de litres de ce breuvage qu’on pourrait presque appeler « divin ».
Nous commençons par parcourir l’exposition qui retrace l’histoire de la Chartreuse (la boisson), dont le manuscrit secret fut offert aux Chartreux en 1605.
Secret jalousement gardé, puisque seulement 2 moines de la Grande Chartreuse connaissent les proportions des 130 plantes et épices qui entrent dans sa composition.
A l’origine, il y eut d’abord l’élixir (vendu aujourd’hui dans un écrin de bois qui le protège de la lumière). Son élaboration n’avait pas pour but de « faire la fête », bien sûr, mais de soigner les maux du corps.
C’est vrai que 2 gouttes de cet élixir sur une petite meringue, chassent le maux de gorge.
La Révolution française, puis les lois de 1901 n’ont pas eu raison de ce manuscrit : Une Chartreuse espagnole continua à produire le breuvage, jusqu’à ce que la Maison Mère de l’Ordre (la Grande Chartreuse) reprenne la production.
Bien entendu, outre l’élixir, les Charteux élaborèrent la Chartreuse jaune (assez liquoreuse) et la verte, un peu plus alcoolisée.
Après cette exposition, nous avons suivi la visite des caves elles-mêmes, immense local voûté où se transforme la liqueur dans un ensemble impressionnant d’énormes tonneaux.
Puis nous avons profité d’une dégustation des liqueurs jaune et verte en respectant les bonnes règles : l’œil, l’odorat, le goûter, en essayant de deviner les parfums qui s’exhalent.
Bien entendu, avant de quitter cette visite très intéressante (et très bien faîte), nous avons fait quelques emplettes au magasin.
Puis nous avons repris la route en direction de St Hugues de Chartreuse.
Cette fois, après avoir contourné le massif, après St Laurent du Pont, nous grimpons en Chartreuse.
La route, engoncée dans les gorges est magnifique, avec les arbres qui changent de couleur.
Nous voici sur le plateau de St Hugues et nous nous installons au restaurant le Chamechaude pour notre repas de midi.
Bien avant de commencer, de magnifiques gâteaux « maison » font des envieuses.
Le repas est excellent, servi sans retard. Bien sûr, la tarte aux myrtilles, la tropézienne et les fraises –melba sont prises d’assaut.
Excellente adresse que ce restaurant qui pratique des prix vraiment modiques.
En sortant, nous n’avons qu’à traverser la route pour visiter l’église de St Hugues dont l’intérieur est entièrement recouvert des œuvres d’Arcabas, artiste aux nombreux talents (peinture, sculptures, vitraux, aux motifs religieux)
Il faudrait des heures pour apprécier cette profusion d’œuvres aux multiples clins d’œil (avez-vous vu l’ange qui fait du vélo ?)
Nous reprenons les voitures pour nous rendre au Musée de la Grande Chartreuse, installé dans l’ancienne correrie.
Le parking est presque complet. Il est vrai que cette journée magnifique, presque hors-saison, incite à faire un tour dans cet endroit reculé du monde.
La visite du musée est aussi très intéressante (peut-être, à mon goût, un peu trop d’explications avec l’audio-guide).
Le cheminement proposé, les reconstitutions des ermitages des chartreux (on dit ermitage et non pas cellule) permettent de se faire une idée assez juste de la vie que mènent ces hommes retirés de la vie moderne.
Nous faisons un tour dans l’immense grange où est présentée une exposition temporaire. Nous sommes surtout intéressés par la magnifique charpente.
Enfin, nous nous rendons à pied, jusqu’à la Grande Chartreuse, dans un décor féérique. La forêt se pare des couleurs d’automne, le ciel est d’un bleu estival et les montagnes reflètent la lumière qui baigne les bâtiments immenses de la Grande Chartreuse. Magnifique.
Puis nous redescendons à nos voitures pour retourner sur Ste Hélène, via l’église de St Pierre de Chartreuse et le col du Granier.
Les éboulis sont impressionnants et, alors que le soir tombe, les falaises qui nous dominent, sont assez angoissantes.
Avant de nous séparer, nous faisons un petit arrêt pour nous souhaiter une bonne soirée.
Je pense pouvoir dire que tout le monde est enchanté de cette belle journée bien remplie.