19 juin 2011

Un dimanche sur les rails de la Vallée Bleue …

Est-ce le peu de dénivelé de la journée ou la perspective de passer une belle journée, mais nous sommes 32 membres de l’association ou amis et parents à prendre la route.
Direction la Vallée Bleue (pourquoi ce nom, car les arbres qui s’y trouvent n’ont pas fait de stage chez les Schtroumpfs), un coin très agréable de l’Isère, niché dans un coude du Canal qui dessert le barrage de Sault-Brenaz. Les voitures sagement garées sur un parking encore désert, nous nous dirigeons vers la gare de Montalieu Vallée Verte, une ancienne gare du PLM, pour la première partie de notre journée : le vélo-rail.
Nous sommes très bien accueillis par un couple charmant, bénévoles de l’association qui gère les activités ferroviaires du lieu. Ils terminent de nettoyer les vélos où, tout à l’heure, 4 par 4, nous ferons concurrence à Contador.
Vient le temps des consignes et explications. Le retournement en bout de ligne est tout un art que nous mettons immédiatement en pratique car les engins sont tournés à l’envers, et la marche arrière n’existe pas sur ces vélos très spéciaux. Les pneus sont pleins, d’ailleurs ce ne sont pas des pneus (c’est pour cela qu’il n’y a pas de pompe) mais des petites roues comme le TGV mais en moins sophistiqué. 2 chaînes, mues par 2 bipèdes entraînent les roues arrières.
Les meilleures places se trouvent à l’arrière de l’engin, dans un fauteuil finalement confortable. Il est dommage, par contre, que la vue soit un peu bouchée par les 2 bipèdes qui sont devant et qui se déhanchent, freinent, klaxonnent à chaque PN (NDLR : passage à niveau).
Au moins, cela a le mérite de n’être pas fatigant. Un peu stressant, quand même, parce que on peut craindre que les pédaleurs ne soient pas maîtres de leur engin et dans une courbe sévère (heureusement, il n’y en a pas) nous projettent sur le bas-côté de la voie.
C’est donc parti pour une heure d’ascension (dénivelé environ 5 mètres). Ici, pas de longs rails soudés conne sur les lignes modernes, mais des petits coupons de rails avec un petit espace entre chaque et parfois quelques centimètres de différences de hauteurs qui, outre le bruit caractéristique des vieux trains (tac-tac, tac-tac, etc…) permettent de mieux faire descendre le petit déjeuner dans l’intestin.
Le parcours est très agréable. Nous traversons une belle forêt. Nous longeons une falaise d’escalade, petite sœur séparée des monts du Bugey par le Rhône, il y a … 2 millions d’années.
Puis nous débouchons en vue du canal du Rhône que nous longeons jusqu’à notre terminus de l’aller, tout près du barrage.
Les vélos retournés (changés de sens, pas mis sur le toit, d’ailleurs, il n’y a pas de toit. Ce qui nous aurait bien arrangé car nous avons reçu une petite ondée qui passait par là), la photo de groupe prise, nous repartons donc en sens inverse.
Cette fois, les passagers sont devenus pédaleurs, tout au moins pour ceux qui n’avaient pas embauché un chauffeur de maître !!!
La vue est totalement différente, ce que n’aurait pas remarqué un crabe !!!
Cette fois, nous remarquons bien, de l’autre côté du vieux Rhône, les cheminées des fées, que l’érosion a séparées des falaises du Bugey.
Sur le canal, une cane et ses canetons s’éloignent de la rive, affolés par les coins-coins de nos engins.
A l’arrivée, un contrôle anti-dopage inopiné, n’a pas relevé de substances suspectes (heureusement qu’il n’a pas été fait après le repas ( !!!).
De la gare, nous rejoignons le canal du Rhône, au cœur du parc de loisirs de la Vallée Bleue. Une voiture amphibie se traîne à 4 km/h dans l’eau, un bateau de croisière s’apprête à prendre le large, des soucoupes volantes sont regroupées en attente d’extras-terrestres. Plus loin, une grande piscine attend ses nayades, tandis que, terrés derrière des arbres, des amateurs de paintball se tirent dessus à coups de billes (grasses nous a dit Jeannine).
Puis nous revenons vers nos voitures pour prendre le repas (tiré de la voiture bien sûr, pas du sac). L’apéritif et les boissons sont offertes par l’association.
Le soleil a fait son apparition et chacun selon ses envies, s’installe à l’ombre ou au soleil.
Le repas terminé, certains font la sieste tandis que d’autres partent pour faire de l’accro-branches.
Nous nous retrouvons tous à la gare où flotte une odeur de charbon. L’heure est venue de la 2ème activité de la journée : un petit voyage dans des voitures tirées par une machine à vapeur..
La machine est encore à la sortie du dépôt lorsque nous allons l’admirer. La vieille dame date de 1922 repose sur 3 essieux moteurs. C’est pour cela que l’on dit que c’est une 030. Elle va s’atteler à de vieilles voitures de provenances diverses avant de venir se mettre à quai.
Nous prenons place à bord en attendant le départ. La ponctualité n’est plus ce qu’elle était ma pauvre dame. Il est vrai que la chef de gare stagiaire, à peine âgée de 10 ans peine à souffler dans le sifflet à roulette. Heureusement sa mamie titulaire du poste, d’un coup de sifflet bien modulé en impose à notre machine qui obtempère en émettant 2 ou 3 petits coups de sifflet à vapeur.
Et c’est parti. Crachant de la fumée bien noire, émettant des escarbilles qui viennent tacheter les beaux vêtements blancs, la Beaujolaise s’élance sur le même parcours que nous avons fait ce matin en vélo.
Un petit arrêt à La Source, permet à la chef de gare de venir aussi contrôler nos billets.
Puis nous arrivons au terminus.
Pendant que la machine change de bout, nous nous dégourdissons les jambes, ou nous nous abreuvons à la voiture bar.
Et c’est reparti . Toujours à allure modérée.
L’arrivée à la gare, nous arrache une petite larme de nostalgie.
Mais ce sont peut-être les enfants qui ont été les plus heureux de cette découverte d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître…
Pour terminer cette belle journée, nous faisons un gros goûter grâce aux succulents gâteaux faits par les uns et même les autres.

Et c’est le retour à Sainte-Hélène, où le train-train habituel n’aura plus le même sens.

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