HISTOIRE DES CLOCHES DE SAINTE HELENE DU LAC

Avant la constitution et l'érection des paroisses, il n'y avait d'autres cloches à Ste Hélène du Lac que la cloche de la commanderie du Prieuré.
En 1701, le dimanche 6 Mars, la cloche LAURENCE est bénie par le Chamoine DESAIRE de St Jean de Maurienne.
En 1776, le 26 Avril une autre cloche fut montée sur le clocher de la paroisse. Elle a été baptisée par Monseigneur Jean FINAS, curé de Planaise, archiprêtre, commission ayant été donnée par Monseigneur l'Evêque de Maurienne et a été nommée LOUISE CATHERINE. Ont été parrain Bernard POGNIENT, bourgeois de Montmélian, et marraine sa femme Louise Catherine MOLINGAL.
En 1793, c'est le règne de la terreur révolutionnaire. La paroisse est spoliée de ses cloches pour faire des pièces de canon.
On ne sait pourquoi, mais celles de Ste Hélène ne furent pas les premières transportées  à Chambéry, mais dans les premiers mois de 1794, peut-être vers la fin de juillet.
A cette époque, Robespierre est arrêté et exécuté le 10 Juillet 1794. Avec sa vie finit le temps de la terreur révolutionnaire.
Le conseil général de la commune charge tout de même Antoine LABORET, fermier de 20 ans de conduire les deux cloches avec sa charrette à Chambéry.
Arrivé Faubourg Montmélian, il fait un arrêt à l'auberge l'Hortier à côté du couvent des Pères Capucins où on lui dit qu'il est trop tard. Peut-être par crainte d'être molesté à son retour, plutôt que de ramener les cloches dans sa paroisse,  il les dépose dans la remise du restaurant.
Un habitant d'ARITH qui avait observé la scène profita de l'aubaine pour revenir le soir venu et charger dans sa voiture de commerce la moins lourde « Louise Catherine ». Il prend le chemin de Bassens et l'emmène à Arith.
Dans le clocher, parmi les 3 qu'il possède, dit le Curé Gardet en 1888, elle porte bonheur. On la met en branle à l'approche d'une tempête. Elle préserve de la grêle.
D'après un renseignement donné en 2002 par le Père Mailland, curé de Lescheraine et Arith, la cloche de Sainte Hélène du Lac « Louise Catherine » aurait été refondue en 1905 par les frères Paccard. 588 Kg de métal aurait été récupéré auxquels on a ajouté le métal nécessaire pour porter cette nouvelle cloche au poids de 1 205Kg 500.
On peut y lire l'inscription en latin :

LOUISE MARIE DU SACRE COEUR
« Benedicam dominum in omni tempore
A fulgare et tempestate libera nos domine »
Traduction : Je bénirais le Seigneur en tout temps.  De la foudre et de la tempête libère nous Seigneur.


Qu’est-il advenu de « La Laurence »?
Elle passa une année dans l’angle de la remise de l’auberge Faubourg St Antoine où l’avait déposée le Sieur Laboret. Les habitants de Sainte Hélène, sachant que leur cloche n’avait pas servi à la fabrication des canons, firent les démarches pour la faire revenir à destination.
« La Laurence » fut ramenée à Sainte Hélène par un nommé Louis TISSOT alors procureur de la commune.
Par délibération du conseil municipal et Monsieur Jean Marie VOGUET, syndic, cette cloche fut cassée au commencement de l’année 1819, refondue par Monsieur Eustache MEUNIER fondeur de cloche à Chambéry et replacée au clocher en Juin 1819.
Mais les cloches de Sainte Hélène jouaient de malheur, en effet, le 15 juillet 1824 un incendie consuma la toiture et le beffroi du clocher. Bien que gravement endommagée par le feu, elle fut tout de même replacée au clocher la même année.
En 1869 lorsque les travaux de la nouvelle église et du clocher furent à peu près terminés, le curé de la paroisse profitant des bonnes dispositions du conseil municipal, sous la direction de Charles BILLARD maire de la commune, demanda de faire l’achat d’une grosse cloche qui puisse être entendue dans toute la commune. Le conseil obtempéra à sa demande.
Convention est donc passée en juin 1869 avec les Frères PACCARD d’Annecy le Vieux pour la fourniture d’une cloche d’environ 1500 Kg. Ils récupéreraient  le métal de la vieille cloche. Ils seraient chargés aussi du battant, du joug,  des ferrures de la cloche et de la fixation avec le système PACCARD sur des tourillons mouvants pour en faciliter la sonnerie.
La fonte de la cloche eut lieu en Octobre 1869 en présence du curé GARDET qui avait été invité à cette opération.
Le même jour, les Frères PACCARD ont coulé 10 cloches dont quatre étaient destinées à former le carillon de Notre Dame de Dôle Jura que les frères jésuites ont fait placer sur la tour de leur sanctuaire.
Le poids de la nouvelle cloche est de 1525 Kg. Elle porte le nom de JEANNE. Madame REY Jeanne, née BINCAZ des Combilloles en a été la marraine. Elle fit même un don de 600 francs à la commune. Le parrain est l’avocat François BEL propriétaire à Chantemerle.
La cloche porte sur ses côtés, outre les noms du parrain et de la marraine, le nom de tous les membres du conseil municipal de cette année là.
Le son ou les vibrations de la cloche donne la note « RE » du diapason.
L’inauguration eut lieu le dimanche 12 décembre 1869 par le Chanoine Victor ROSSET.
Le poids considérable de cette cloche a exigé la construction d’un nouveau beffroi, plus solide. Le conseil en donna l’entreprise aux Frères REY, charpentier à Planaise.

(Archives du Curé Gardet 1886)

Dessin de Thérèse Vuillerme - Ste Hélène du Lac